Joachim-Raphaël Boronali est un peintre, célèbre au début du XXe siècle, bien que n’ayant jamais peint qu’une seule toile.

Au salon des Indépendants de 1910 figure la toile Coucher de soleil sur l’Adriatique. Le catalogue en donne pour auteur « JR. Boronali, peintre né à Gênes », qui a accompagné son envoi d’un manifeste théorique, le Manifeste de l’excessivisme, dans lequel il écrit que « l’excès en tout est une force » et appelle à « ravager les musées absurdes » et à « piétiner les routines infâmes. »

Boronali, Coucher de soleil sur l’Adriatique.

Les critiques d’art s’intéressent à ce tableau, qui fait l’objet de commentaires contrastés, jusqu’au jour où le journal Le Matin reçoit la visite de l’écrivain Roland Dorgelès qui révèle, constat d’huissier à l’appui, que l’auteur se nomme en fait « Lolo », et qu’il est l’âne de Frédéric Gérard, dit « le père Frédé », patron du Lapin Agile, célèbre cabaret de la butte Montmartre.

En effet, Boronali n’est autre que l’anagramme d’Aliboron, l’un des noms donnés à l’âne depuis le Moyen Âge, et repris par Jean de La Fontaine. Dorgelès, en compagnie de deux amis, André Warnod et Jules Depaquit, avait attaché un pinceau à la queue de l’animal qui devint ainsi la vedette du Salon, une fois que la supercherie eut été dévoilée. Et la toile se vendit 20 louis d’or, c’est-à-dire 400 francs, qui furent reversés par Dorgelès à l’orphelinat des Arts. Elle fait aujourd’hui partie de la collection permanente exposée à l’espace culturel Paul Bedu à Milly-la-Forêt.

&lt

A faire !
Trouver un âne ne sera peut être pas difficile !

Publicités